
Types de documentaires
L'Odyssée de l'espèce (2003)
L'Odyssée de l'espèce (2003)
Les films documentaires peuvent être divisés en une variété de groupes et de catégories. Cela permet aux cinéastes de mieux préparer leur projet et de combiner les particularités de différentes catégories afin de produire des documentaires uniques et originaux.
Tu trouveras ci-dessous une liste non exhaustive de types de documentaires.
Ethnologique
Documentaire dont le thème est une tribu, une ethnie, une population, une civilisation... Ce type de film s'attache à étudier les modes de vie, les mœurs, les traditions et les valeurs du sujet, pour mieux le connaître. L'approche est scientifique et le but informatif. Le sujet est traité de manière méthodique, avec égard, respect et profondeur. Dans la réalisation, on prend le temps nécessaire pour que le résultat de l'étude soit conforme à la réalité étudiée. Ces films sont faits par ou avec le concours d'ethnologues qui prennent le temps de vivre au sein de la société à étudier, afin d'en voir et d'en cerner les réalités. Les populations filmées ne sont pas perçues et montrées comme de simples curiosités attractives ou touristiques.

"Nanouk l'Esquimau" - Robert Flaherty
Source d'information : Albain Michel Ikomb

Ethnographique
Documentaire traitant également d'une société, d'une tribu ou d'une population donnée (existence, traditions, mœurs, valeurs...), à la différence que le produit est avant tout voué à une exploitation commerciale. Ici, pas de réelle démarche scientifique : le sujet, traité sommairement, est tourné sur une période assez courte et ne donne qu'un aperçu de la réalité explorée. Le sujet filmé est vu et présenté comme une curiosité, une découverte destinée à susciter l'intérêt du « voyeur ». La présentation relève d'une vision « touristique » réduisant le sujet à quelques particularités. Le format « 13 minutes » convient souvent à ce type de film.
Humaniste
Film traitant d'un problème ou d'une situation vécue par une certaine population ou une catégorie sociale, avec une esthétique poétique. Il valorise ces populations en insistant sur les difficultés qu'elles rencontrent et les solutions qu'elles mettent en place pour résoudre leurs problèmes.
Exposé
En matière de documentaire, c'est sans doute le documentaire-exposé qui vient d'abord à l'esprit. Ce genre de film s'adresse directement au public et vise à montrer l'apparence de la réalité. Il s'appuie souvent sur un narrateur « objectif » faisant autorité, ou sur des titres, pour guider le spectateur et interpréter ce qu'il regarde. Ce type de documentaire repose communément sur des photographies, des séquences d'archives et des documents originaux pour présenter des événements historiques. Il fournit de l'information et tente de prouver le bien-fondé d'une position ou de persuader le spectateur d'une interprétation de la réalité. Des séquences de « docudrame » ou des reconstitutions d'événements historiques sont parfois intégrées pour combler les vides entre les séquences déjà tournées. Après le visionnage d'un tel film, on a le sentiment d'avoir parfaitement compris la réalité d'une histoire, d'une situation ou d'une personne. C'est toutefois la raison pour laquelle le documentaire-exposé essuie souvent des critiques : il semble présenter un point de vue simpliste et souvent partial d'une question par ailleurs complexe.
"Capitale de l'or" (1957) - Colin Low et Wolf Koenig

Source d'information : Jovana Jankovic
Observation
Dans le documentaire-exposé, nombre de cinéastes et de cinéphiles trouvent le narrateur omniscient un peu trop autoritaire et partial. On a alors pensé combler directement la distance entre le public et le film, sans l'intervention du narrateur. Serait-il possible de simplement filmer les événements et de laisser les faits parler d'eux-mêmes ? C'est ainsi que, dans les années 1960, le documentaire d'observation du genre « cinéma vérité » a pris de l'élan. Ce genre de film repose sur l'utilisation de matériel portable qui place le cinéaste au beau milieu de l'action à mesure qu'elle se déroule. Il tente de laisser diverses personnes, de tous points de vue, s'exprimer spontanément sur un enjeu, et admet que le cinéaste, par son rôle, a une certaine influence sur le contenu du film, tout en s'appliquant à la réduire au minimum. Il se fonde également sur l'idée que la technologie et le langage cinématographiques peuvent susciter des changements politiques et sociaux, le documentaire devenant alors un outil de militantisme.
"Paul Anka" (1962) - Roman Kroitor et Wolf Koenig

Réflexion
Toute activité cinématographique arrange et manipule l'illusion de réalité, même si on tente au maximum de l'éviter. Le cinéma de réflexion, ou cinéma participatif, met en évidence le ou la cinéaste et ses opinions, voire le processus cinématographique lui-même. Le documentaire de réflexion se définit communément par ces caractéristiques : le film est bâti autour du processus cinématographique, notamment la recherche et la quête de connaissances du réalisateur ou de la réalisatrice ; le film et son auteur affichent un haut degré de scepticisme quant à la notion de « réalisme » ; le lien entre l'auteur du film et ses sujets change la nature de l'histoire tournée.
"Les histoires qu'on raconte" (2012) - Sarah Polley
Compilation
Documentaire traitant un thème ou un sujet de façon épisodique. La narration est organisée en modules ou parties couvrant des périodes ou des aspects du sujet abordé. C'est une tradition initiée par le cinéma soviétique.

Voyage
Sorte de recueil ou de symphonie d'images issues de voyages effectués le plus souvent dans des contrées éloignées. On le classe dans la catégorie « film de découverte ». Il peut avoir une vertu géographique ou une valeur touristique.
Poétique
Le documentaire poétique repose moins sur les faits que sur le vécu, les images et la vision du monde sous un nouveau jour. Ce genre de film présente des images hors contexte auxquelles sont ajoutés des effets comme la coloration, le montage, l'accélération ou le ralenti. Il est non traditionnel, voire expérimental, tant dans la forme que dans le contenu, et ne s'appuie ni sur un processus ni sur un langage standard du cinéma. Il vise à susciter une émotion plutôt qu'à énoncer une vérité.
"Lumière crue" (2012) - Justin Simms

Propagandiste
Film partisan, vantant les mérites et les bienfaits d'une idéologie, d'une personne, d'une nation ou d'un parti, qu'il présente comme l'unique solution ou la meilleure alternative. Il magnifie et arrange la réalité pour la rendre idéale. C'est aussi un film d'information, même s'il présente l'inconvénient de travestir l'information en l'arrangeant selon les convenances.
"Le Triomphe de la volonté" (1935) - Leni Riefenstahl
Docudrame
Aussi appelé « docudrama » ou « docu-fiction », c'est un documentaire réalisé sous forme de fiction. Il est écrit et réalisé comme une fiction, mais conserve toute sa valeur informative. Plusieurs choses peuvent dicter ce choix narratif : le manque de documents sur le sujet, la recherche de l'accroche ou de l'originalité (éviter le côté rébarbatif que peut avoir un documentaire classique)...
"L'Odyssée de l'espèce" (2003) - Jacques Malaterre

Essai
Sorte de « poétique de la pensée » (si l'on s'en tient à l'héritage littéraire), l'essai au cinéma se définit comme une démarche introspective, une expérience dont le but est de prendre la mesure de sa propre pensée, exposée à l'opinion publique. Des cinéastes tels que Michael Moore ou Alain Resnais peuvent être définis comme des essayistes. Les notions d'engagement (politique, social, humain...) et d'expérience (vécue et formelle) s'y retrouvent comme en littérature.


